La commission veut plus d'argent électronique

La Commission européenne entend stimuler l'utilisation de l'argent électronique. Dans ce but, elle a présenté un projet destiné à décupler le marché de l'argent électronique à l'horizon 2012. Actuellement, 1 milliard d'euros en argent électronique circule dans l'Union européenne, contre 600 milliards d'euros en espèces. Selon Charlie McCreevy, commissaire européen en charge du marché interne, le développement du marché de l'argent électronique est freiné par des conditions trop strictes.

L'argent électronique permet aux consommateurs d'intégrer des fonds à une carte, un GSM ou sur internet et d'effectuer ainsi des transactions. Il y a actuellement 24 acteurs dans l'UE qui disposent d'une véritable licence de e-money (le paiement mobile), dont 2 MPO (Mobile Payment Operator). McCreevy lance par conséquent une proposition au Parlement européen et aux pays membres en vue de faciliter l'entrée de nouveaux fournisseurs sur le marché. Il souhaite ainsi réduire le capital de départ pour les émetteurs de monnaie électronique à 125.000 euros. Avec à ces mesures, le volume sur ce marché pourrait d'ici 2010 atteindre les 10 milliards d'euros, estime le commissaire européen. source: datanews.be

Vodafone et O2 lancent mpass

Vodafonepar39814imageo_2 Vodafone et O2 en parlaient déjà en février dernier (le paiement mobile), c'est maintenant chose faite. Ces deux sociétés lancent en Allemagne le service mpass, un moyen de paiement par mobile pour payer des contenus numériques et sur Internet pour tous les allemands.

Le principe est assez simple, il suffit de saisir son numéro de téléphone sur le site concerné, puis son PIN mpass et le client reçoit un SMS avec le détail de la transaction. Après avoir renvoyé ce SMS pour validation, la transaction est automatiquement débitée sur les comptes Vodafone et O2. Pour les clients n'étant pas client des deux opérateurs, ils peuvent s'enregistrer sur le site pour être débité en prélèvement automatique ou carte. source: cellfanatic.com

Note : j'avais déjà souligné que le système ne pourrait être viable que s'il était interopérable, c'est apparemment le cas. En revanche, pas d'information précise sur le contexte légal. Vodafone et O2 s'appuient-ils sur une une licence e-money ?

e-money

Pour ceux qui s'intéressent de près à la directive européenne de la monnaie électronique, Phoebus Athanassiou et Natalia Mas-Guix de la banque centrale ont publié un document assez complet sur la situation de cette directive et de son application en Europe. Télécharger ici

L'objectif initial de cette directive avait été de favoriser le développement des paiements innovants électroniques tout en leur donnant un cadre légal. 8 ans après sa rédaction, le développement des paiements électronique est positif, mais très disparate au sein de l'UE et très en deçà des espérances initiales. Le papier met donc en relief les principaux aspects de cette directive, les failles du système (avec les MNOs par exemple), comment certains acteurs contournent ou se retranchent derrière des exceptions, et quelles amendement y apporter pour l'optimiser. On notera d'ailleurs que dans la liste des 24 émetteurs e-money officiels et des 94 assimilés, on ne trouve que 2 MPO (Mobile Payment Operator) ! Si vous lisez régulièrement mon blog, vous devriez deviner facilement ;) Une piste tout de même, l'un se trouve en Allemagne et l'autre en Belgique ... Merci à Denis pour avoir déniché ce document très intéressant.

Les investisseurs américains misent sur les start-up du m-payment

48M$ + 20M$, c'est la somme totale levée par la start-up américaine Obopay depuis ces deux dernières années. Même si aucun communiqué officiel confirme cette information, il semblerait selon la CEO Carol Realini dans Obopay gets $20M to Send Money via Mobiles, que 20M$ viennent s'ajouter au capital de la société.

Logo_obopay_2Obopay focalise sa stratégie sur les transferts d'argent par mobile en souhaitant devenir sur mobile ce que PayPal est sur le web et Western Union dans les transferts physiques. Récemment implanté en Inde pour créer un couloir de transferts d'argent avec les Etats-Unis, ils ont aussi passé un accord récent avec Citi pour lancer une offre domestique de P2P.

Les investissements dans le monde du m-payment vont s'accélérer

En investissant ces sommes dans une start-up ayant le statut d'opérateur de paiement par mobile, les investisseurs américains considèrent que le marché du m-payment ne sera pas seulement entre les mains des acteurs traditionnels comme les banques et les opérateurs mobiles. Il est à noter que ces derniers focalisent essentiellement aujourd'hui leur énergie sur les technologies NFC qui seront une réponse parfaite aux paiements de proximité mais ne répondront pas à toutes les possibilités que procure le mobile aux paiements, comme par exemple les paiements à distance, le P2P, et le ticketing.

Ce signe des investisseurs montre aussi que les américains rattrapent leur retard en la matière par rapport à l'Europe et l'Asie et que le m-payment devient une priorité pour eux. A titre d'exemple, TextPayMe a été racheté par Amazon qui l'a transformé par la suite en un offre commerciale, et même si PayPal Mobile ne semble pas être la priorité du moment, pour Paypal l'offre est bien là. En Inde, aussi bien Paymate que mChek ont eux aussi levé massivement des fonds auprès d'investisseurs de la Silicon Valley.

Logo_crandy_3 Tunz_3_3 Luuplogouk_4

Alors que se passe-t-il en Europe ? Les quelques start-up comme par exemple Crandy, Luup ou bien Tunz ayant le statut d'opérateur de paiement par mobile - c'est à dire la maîtrise d'une technologie ouverte, d'applications concrètes, et possédant une licence de monnaie électronique - n'en sont pas à ce niveau de financement (encore sur fonds propres pour la plupart) mais disposent paradoxalement d'un nombre d'utilisateurs bien plus important avec des applications bien rodées et de plus en plus utilisées.

Alors, est-ce que l'exemple d'Obopay va faire bouger les lignes et entrainer un mouvement plus général ?

Mobile Payment : perspectives 2008 sur les annonces de 2007 (1)

D'abord mes meilleurs voeux pour 2008, et une bonne réussite dans vos projets ...
Mes meilleurs voeux à vous, lecteurs fidèles, amis de passage sur ce blog, et à ceux naturellement qui travaillent avec moi.

L'année 2007 a été très riche en projets de m-payment de toutes sortes. Les expérimentations et les pilotes, les manoeuvres, mais surtout les premiers lancements commerciaux en Europe.

Par une brève rétrospective de l'année passée, voici en 3 billets un condensé chronologique de ce qui m'a le plus marqué l'an passé et les perspectives pour l'année 2008 que j'en tire.

Je commence par la catégorie des nouvelles offres, des opérations stratégiques et des manoeuvres en tous genres, c'est cette catégorie qui est la plus chargée. On a vu en effet beaucoup d'effets d'annonce, il est à noter que les places sont en train de se jouer et que la communication joue pleinement son rôle. Voici ma sélection, n'hésitez pas à me faire part de vos commentaires. Je parlerais par la suite des expérimentations techniques et commerciales, puis pour terminer par le lancement des offres de services effectuées auprès du grand public.

La suite dans mes 2 prochains billets.

PayForIt sur les factures des opérateurs

Payforitlogo Depuis le 1er Septembre sur le réseau O2, c'est au tour de la Grande-Bretagne d'expérimenter un procédé de paiements par téléphone portable. La Mobile Date Association composée des 5 principaux opérateurs anglais (Orange, Vodafone, O2, Three, T-Mobile) et plusieurs fabricants, dont SonyEricsson et Samsung, ont rejoint le système PayfoIT. Ce système servant de plateforme de paiement commune aux opérateurs devrait permettre son utilisation quel que soit l'opérateur de téléphonie. La procédure est en outre standardisée pour qu'elle soit identique d'un opérateur à l'autre, ou d'un modèle d'appareil à l'autre. Le système est conçu comme une alternative à des paiements par SMS, jugés complexes et peu transparents, selon la BBC.

Payforit permet en effet de régler les achats d’une valeur inférieure à £10. Le montant est alors ponctionné sur la facture téléphonique. Cette solution de m-commerce et de m-payment est prévue pour servir à régler à peu près tout et n’importe quoi, sous couvert d’accord entre les professionnels : billets de train, sonneries de téléphone, place de parking, effectuer des achats sur des sites Internet, etc.

Je trouve intéressant que les opérateurs anglais aient réussi à se mettre d'accord pour mettre en oeuvre un système intéropérable, première en la matière après la tentative de MobiPay en Espagne. Reste le contexte légal, car le fait de débiter des produits et services de la facture de l'opérateur, ce qu'ils souhaitent faire depuis des années déjà, sort clairement du métier classique des opérateurs ... Peut on imaginer qu'ils anticipent déjà l'évolution de la réglementation européenne e-money ou bien est-ce une jurisprudence purement britannique ? Merci pour vos commentaires.

Le paiement par mobile de Google : GPay

On aurait pu le deviner, on l'avait imaginé. Les récentes annonces de Google, tout d'abord en obtenant une licence de monnaie électronique, puis en démarrant Google Checkout sur Internet et enfin avec ses premiers pas sur mobile, laissaient supposer que Google avance à grandes enjambées vers le paiement par mobile.

Un nouveau brevet a été publié aux Etats-Unis (le détail du brevet) où il est fait mention du développement par Google d’un système de paiement par mobile par SMS : GPay

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Le brevet cite des exemples tel que le paiement de biens de distributeurs automatiques ou même l’achat d’objets de simples détaillants, le P2P, etc. L'utilisateur de GPay celui qui paye envoie un SMS aux serveurs de GPay de Google avec le code du bénéficiaire; et le montant du paiement. Une fois reçu et le débit traité, GPay crédite la somme sur le compte du bénéficiaire. Le système n'exige pas que le bénéficiaire est un compte Gpay. Proposant le paiement via SMS non surtaxés, j'imagine que ce système fonctionnera en liaison avec la brique de paiement Google Checkout et semble comparable dans sa logique aux systèmes Crandy ou PayPal mobile, c'est à dire des portes monnaies virtuels rechargeables, reliés à la carte bancaire et indépendants des factures opérateurs.

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Compte tenu des récentes annonces concernant le GPhone, on peut supposer que GPay pourrait devenir une des ses applications principales, mais il raisonnable de penser que ce moyen de paiement fonctionnera sur tous les téléphones et quel que soit l'opérateur. A suivre de très près ...

On a G-cash aux Philippines, MPay en Thailand, mPay en Croatie ou QPay en Australie ..., il y a fort à parier que GPay soit plus connu à l'arrivée ;)

Tunz sur la vague du m-paiement belge

Tunz_3_2Comme annoncé il y a quelques semaines, Tunz sort officiellement son service de m-Payment. Positionné sur les paiements P2P par SMS, Tunz a obtenu une licence de monnaie électronique auprès des autorités Belges. Vous trouverez quelques informations sur le sujet tout d'abord sur le très bon blog de "l'expérience mobile" mobisphère.be mais aussi dans une description détaillée sur AWT.

Il faut rappeler que Banksys propose déjà le paiement par SMS pour de plus gros montants, et que Crandy permet aussi le P2P ainsi que d'autres services tels que le parking ou la distribution automatique. Par rapport à cet environnement qui devient déjà concurrentiel, et à l'instar de ce que propose PayPal aux USA, Tunz apporte une idée nouvelle dans le monde du paiement par mobile en prévoyant un Widget qui lorsqu'il sera inséré sur un billet permettra aux bloggeurs de se faire rémunérer de manière assez simple. Pour les bloggeurs intéressés, c'est ici.

Le m-paiement au service du terrorisme

Cet article publié par John Wood et Rachel Ehrenfeld relate comment les nouvelles technologies peuvent favoriser et accélérer les transferts d'argent internationaux notamment pour des objectifs terroristes.

Même si je trouve que cet article est bien fait, comme prise de conscience mais aussi pour souligner les dérives induites par certains acteurs proposant des solutions de m-Payment, je trouve cependant dommage que leurs auteurs aient pris des raccourcis, et surtout ne mentionnent pas que la plupart des solutions sont beaucoup plus contrôlées qu'il n'y parait dans ce document.

Je pense aux obligations demandées par les autorités accordant les licences de monnaie électronique aux opérateurs de paiement. A titre d'exemple, les montants transférables sur comptes anonymes sont souvent limités à 20 ou 30 euros selon les pays, des règles claires obligent la déclaration d'une identité notamment par rapport à un compte bancaire dûment vérifié, la traçabilité, le droit de regard des autorités existe bien évidemment, etc.

Même si certains acteurs du mPayment ne viennent pas du monde bancaire, c'est bien là l'illustration que les banques ont toute la légitimité nécessaire pour limiter ce genre de dérives. Vos commentaires ?

Les eurodéputés votent la simplification des paiements

Les eurodéputés ont adopté mardi une directive qui devrait simplifier les paiements par carte bancaire, prélèvement ou virement dans l'UE et ouvrir la voie à la création d'un Espace unique de paiement en euros (SEPA) d'ici à 2010.

Cette directive (loi européenne) adoptée par le Parlement à la suite d'un accord fin mars avec les 27 Etats membres doit permettre à tous les citoyens et à toutes les entreprises de réaliser facilement et rapidement des paiements en euros ou dans d'autres monnaies à l'intérieur de l'UE.

Le texte "organise l'harmonisation de systèmes de paiement aujourd'hui strictement nationaux", a souligné le rapporteur du Parlement, le Français Jean-Paul Gauzès (UMP).

Jusqu'ici, le marché intérieur des services de paiement restait très fragmenté, même si un réglement de 2001 oblige les banques à facturer tout virement en euros dans toute l'Union au même coût qu'un virement national.

Ainsi, la plupart des cartes de débit direct ne fonctionnent pas au-delà des frontières nationales.

"A l'avenir, il suffira de disposer d'un seul compte dans un Etat membre pour régler des opérations bancaires dans toute l'Europe", s'est réjoui le social-démocrate allemand Udo Bullmann.

Le texte vise à garantir aux utilisateurs, quel que soit l'instrument de paiement utilisé, le même niveau de protection et de sécurité juridique dans l'UE.

A terme, les transactions, même transfrontalières, devront en outre être exécutées à 'J+1', c'est-à-dire le jour ouvrable suivant la date à laquelle l'ordre de paiement est émis.

L'autre innovation du texte est de permettre à de nouveaux acteurs (grandes surfaces, opérateurs de téléphonie mobile, etc.) d'être reconnus comme 'établissements de paiement' et de concurrencer les banques en proposant des crédits, dans certaines conditions dont une durée maximum de douze mois.

Il s'agit d'étendre des pratiques qui n'existent pour l'instant que dans certains Etats, comme en Espagne où on peut payer le taxi avec son téléphone portable ou en Pologne où on peut payer sa facture de gaz au supermarché. Source:AFP

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